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Sarawak, évasion au cœur de Bornéo

Récit de voyage par Franck – Facebook : Couloir ou Hublot

On a tous un rêve de voyageur, un nom exotique qui nous donne des fourmis dans les jambes. Pour moi c’est à l’évocation du mot « Bornéo » que mon imagination s’emballait. C’est un nom qui évoque l’aventure, les tropiques, l’Asie lointaine et inconnue. Puis, ce fut l’occasion tant rêvée d’explorer cette contrée lors d’un voyage en Malaisie péninsulaire, enfin arpenter une partie de la troisième plus grande île au monde. C’est au Sarawak que j’atterris, après un trajet de près de 30 heures de vol et la visite de nombreux aéroports. Bornéo m’ouvrait enfin ses portes. Rencontre avec une contrée tropicale pas comme les autres, un pays de jungle remplit de guerriers, une terre peuplée d’animaux exotiques à l’histoire peu commune. Bornéo : une invitation à l’aventure.

Kuching : Porte d’entrée et capitale des « Rajahs Blancs »

En sortant de l’avion sur la piste de Kuching la moiteur m’agresse, ici l’humidité est de 98% … toute l’année ! Au Sarawak vous êtes techniquement en Malaisie, mais malgré ça, vous devrez passer la douane et un visa gratuit vous sera délivré. Dès la sortie de l’aéroport et mes premiers pas le long des berges de la rivière, Kuching m’enchante. Ici, il règne une ambiance sereine et tropicale, et le petit mélange de tribus, de Malais et de Chinois forme une communauté accueillante. Les petites échoppes remplies d’épices longent les berges. En face de moi, le panorama est une vraie carte postale : maisons en bord de rivière, minaret transperçant la jungle et montagnes forment une image tropicale séduisante.
 

Bako : Bienvenue dans la jungle

Voyager au Sarawak, c’est partir sur une terre où les espèces rencontrées sont souvent uniques au monde, on parle même ici de « Méga-Biodiversité » ! Depuis Kuching, mon périple m’emmène sur les bords de la mer de Chine, au parc national de Bako. C’est à la rencontre de la jungle, la vraie, que j’aborde Bako. Ici, l’accès se fait uniquement par bateau. On débarque alors sur une plage qui laisse rêveur. C’est ici, sous une humidité assommante, que l’on rencontre le singe nasique et son profil si pittoresque : un animal peureux au nez proéminent affectueusement appelé « Le Hollandais » par les locaux ! Sur les sentiers tortueux, remplis de racines et de lianes, la jungle nous surplombe ; écrasante. Ici, le bruit de la faune est assourdissant, il est presque impossible de saisir d’où les sons proviennent. Telle une délivrance, la fin du parcours se termine comme il a débuté, sur une plage de sable fin…

Accès aux paysages du parc de Bako
Accès aux paysages du parc de Bako

Le singe nasique et son allure unique
Le singe nasique et son allure unique

 

Batang Ai : Partir à la rencontre des Ibans

Après avoir quitté les lianes de Bako, je prends la route du sud, direction la frontière indonésienne et le lac Batang-Ai. Près de quatre heures de route sont nécessaires pour atteindre
le pays des anciens « coupeurs de têtes » : les Ibans. Le peuple Iban, grande tribu guerrière et anciens pirates, est l’âme véritable du Sarawak. J’ai pu aller à leur rencontre et encore aujourd’hui, ils vivent toujours dans d’immenses « maisons longues » sur pilotis. Le long des berges du lac Batang-Ai, ces maisons accueillent jusqu’à 20 familles. Le chef nous accueille au sein de la maison, des cadeaux de bienvenue sont offerts, et immédiatement un verre d’alcool de riz est partagé avec les invités. Entre les danses du guerrier et les succulents repas Ibans à base de fougères, ce qui me marque encore, ce sont les tatouages de guerre des hommes sur leurs jambes et leurs épaules. Les chefs sont marqués dans le cou, ce sont les seuls à avoir cet « honneur ».
Les enfants se chahutent dans la maison, les hommes partent pêcher, il est temps de partir. Je me retourne une dernière fois pour apercevoir des crânes humains exhibés au-dessus de l’entrée, ultimes reliques d’un passé de guerriers farouches.

Coucher de soleil sur le lac Batang Ai
Coucher de soleil sur le lac Batang Ai
Un chef de tribu Iban
Un chef de tribu Iban

Serian : Couleurs des marchés locaux

Au cours de la longue route qui me ramène vers la civilisation à Kuching, je croise quelques villages où les commerces sont tous tenus par des Chinois. J’aime les marchés locaux. À Serian, ce sera l’occasion de découvrir le plus important de la région. Ici, odeurs de friture, d’épices et de fruits se mélangent, les piments rougeoient au milieu des étales, et les locaux se racontent les dernières nouvelles. C’est ici que l’on goûte aux plus gros « durians » de Bornéo : ces fameux fruits à la cosse pleine de piques et à l’odeur effroyable ! Le spectacle est moins joyeux lorsque défilent les kilomètres de plantations de palmiers à huile, pour lesquelles on sacrifie la forêt de Bornéo.

Le marché de Serian
Le marché de Serian

 

Semenggoh : Face à « L’homme de la forêt »

Le plus beau moment que j’ai vécu en voyage, ce fut à Semenggoh. Ici, à quelques encablures de Kuching, on vient rencontrer les Orangs-outans, uniques grands singes en dehors d’Afrique. À Bornéo, l’écosystème de cet animal endémique est menacé. Son espace vital étant réduit dangereusement chaque année, l’Orang-Outan est en grand danger de disparition. Le centre de Semenggoh est l’un des deux seuls à Bornéo où l’on peut croiser le regard de ce singe si proche de nous. C’est encadré de Rangers locaux que vous en apprendrez davantage sur cet animal magnifique. Un moment inoubliable.
 

Pourquoi y aller ?

J’ai passé 10 jours au Sarawak, un temps suffisant pour pouvoir apprécier les diverses facettes de cette région fascinante. L’accueil du peuple Iban est fantastique et vous passerez des moments uniques en leur compagnie. Mon coup de coeur ? Il y a en trop, mais avoir la chance d’apercevoir les Orangs-outans est certainement mon plus beau moment. Ici, le coût de la vie est moindre qu’en Malaisie péninsulaire et notre euro vous permettra de bien vous loger à Kuching et Batang Ai. Les repas sont succulents et bon marché, le dépaysement le plus total à prix raisonnable. Je vous conseille fortement de découvrir le Sarawak, aucun visa n’est nécessaire. L’infrastructure est moderne et les déplacements aisés. Au Sarawak, c’est l’Asie tropicale, profonde et authentique, que l’on retrouve : la chaleur humaine des Ibans, les paysages magiques de Bako et la rencontre inoubliable avec les « hommes de la forêt ».

Extrait de MayMag N°6

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