dubai2

Rencontre avec Jean-Philippe, installé avec sa famille à Dubaï

Originaires du Sud de la France, Jean-Philippe et Julia se rencontrent lors de leurs études supérieures, dans le domaine de l’hôtellerie. Profitant d’un milieu où l’expatriation est assez facile, et même recommandée en début de carrière, ils décident, à peine leur diplôme en poche, de quitter l’Hexagone pour tenter l’aventure loin de nos frontières. Aujourd’hui parents d’une petite fille de 4 ans, ils ne regrettent rien, avouant même qu’ils auraient du mal à revenir chez nous. Direction Dubaï, leur lieu de résidence et d’épanouissement.

dubai1Bonjour Jean-Philippe, quelle était votre vie en France avant votre départ ?
Julia et moi sommes du Sud ; Moi, de Grasse, dans le 06 et Julia de La Farlède, à côté de Toulon. Nous avons quitté le France directement après nos études… donc nous n’avons connu que la vie étudiante dans tous les sens du terme, mais jamais la vie professionnelle a 100%. Nous nous sommes rencontrés pendant nos études supérieures.

Quand êtes-vous partis ?
Nous avons quitté la France en 2005, immédiatement après avoir obtenu notre diplôme et trouvé notre premier vrai travail.

Pourquoi avoir pris cette décision ?
Nous avons tous les deux obtenu un Master Degree in Hospitality Management à Vatel Nîmes. Durant nos 4 ans d’études supérieures, nous avons été amenés chaque année à faire des stages hôteliers d’une durée variant de 4 à 6 mois ; nous avons choisi à chaque fois, sauf la première année, de les effectuer en dehors de la France Métropolitaine : Londres, Inde et finalement la Guadeloupe.
Ceci s’explique par le fait que nous aimons tous les deux voyager, par le fait aussi que l’hôtellerie est une profession qui facilite énormément l’expatriation. Nous étions convaincus que découvrir les cultures et les différentes façons de travailler et de gérer des équipes seraient un atout certain.

La décision a t-elle été facile à prendre ?
Oui, une fois notre diplôme en poche, il nous fallait trouver un travail et nous étions très peu partants pour commencer tout en bas de l’échelle avec une opportunité de croissance aussi lente que le système français le permet, avec des salaires faibles…
Nous n’avons donc pas postulé pour une seule offre en France mais directement au Maroc ; la décision du Maroc a été basée sur le fait qu’il y a là-bas beaucoup de Riads, qui sont de toutes petites structures de 5 ou 6 chambres. Nous voulions voire si nous pouvions prendre la direction d’une de ces structures.
Nous avons contacté les propriétaires d’une petite chaine de Riads, puis les avons rencontrés à Paris. Moins d’un mois après, nous étions installés à Marrakech où nous gérions 4 Riads haut de gamme.

La plage n’est jamais très loin
La plage n’est jamais très loin

Pourquoi Dubaï ensuite ?
Après deux ans à Marrakech nous cherchions une nouvelle opportunité dans un pays qui nous offrirait de plus grandes perspectives de croissance. La vie à Marrakech était vraiment plaisante mais disons qu’au niveau carrière, nous n’étions pas sûr que ce soit le parfait endroit.
Julia avait effectué un stage à Dubaï avant que nous nous rencontrions, nous en avons parlé, nous savions que c’était un Emirat et un pays en pleine croissance à tous les niveaux, nous sommes donc partis en repérage…
Nous avons tous les deux aimé, avons vu le potentiel que la ville offrait et nous avons réactivé quelques connaissances de Julia.
Elle a trouvé un emploi pour une grande chaine hôtelière, elle est partie, je l’ai suivi un mois après… et nous ne l’avons jamais regretté.

Que faîtes vous là-bas désormais ?
Nous avons désormais tous les deux quitté le monde de l’hôtellerie. Je travaille pour une société événementielle en B2B où je suis directeur de la production. Julia travaille maintenant pour le gouvernement de Dubaï, pour DEWA (Dubaï Electricity and Water Authority) qui est l’EDF local.

« à Dubaï, ce qui marque au premier abord, c’est le contraste entre tradition et modernité »

Quelles ont été vos premières impressions lors de cette expatriation ? L’acclimatation a t’elle été simple ?
Parlons de Dubaï ; la démesure est ce qui me vient à l’esprit en premier… avec des projets comme « the Palm », « the World », la tour la plus grande du monde (la nouvelle est en construction a Dubaï en ce moment même). Ce qui marque aussi c’est le contraste entre une ville qui cherche à garder ses traditions et son histoire vivante avec les quartiers historiques tels que Deira ou Bur Dubaï et la modernité flagrante des nouveaux développements tels que la Marina ou Downtown Dubaï…
On remarque de suite que les Emirats Arabes Unis, et Dubaï en particulier, se donnent les moyens de réaliser tout ce qu’ils entreprennent… par exemple, on parle beaucoup de ville intelligente ; dès que Dubaï s’est lancé dans l’aventure tout a été mis en place pour que ce soit le cas. On parle d’énergie renouvelable, Dubaï construit des parcs solaires en incorporant les différentes technologies disponibles…
3D printing ? Dubaï a construit le premier building avec une imprimante 3D. Disons que Dubaï veut tout faire vite et mieux que tout le monde.
Depuis que nous sommes arrivés la ville n’a jamais arrêté de changer ! les premiers mois il n’était pas rare que nous nous perdions car les routes changeaient littéralement d’un jour à l’autre. De nouveaux quartiers apparaissent régulièrement, la ville s’agrandit sans cesse (L’opéra de Dubaï a été inauguré il y a quelques mois seulement) et les « high rise building » sont légions !
L’acclimatation a été très simple en fait… tout le monde est ici pour travailler, faire de l’argent et pour trouver une meilleure vie que dans leurs pays respectifs. La communauté Française est asses importante (15 000 environ en 2016) et continue à s’accroître chaque mois. On fait beaucoup de rencontres facilement, la population des Emirats est à très grande majorité composée d’expatriés et nous n’avons jamais eu aucun problème.

Comment vous ont accueilli les locaux ?
En fait pour résumer la situation, je dirais que les locaux sont très ouverts sur le monde extérieur. Nous vivons dans un pays musulman ou tout, disons presque tout, est accessible. Cela démontre une grande capacité d’adaptation…
Il n’est pas aussi facile que ça de se mélanger avec les locaux, à part pour le business bien entendu, car il faut être introduit dans ce cercle. Malgré tout, nous avons un de nos meilleurs amis qui est Emirati et avec qui nous sortons régulièrement, allons camper dans le désert,…
Le moins facile, si je peux dire, est d’être présenté à des locaux, mais une fois que c’est fait, il est très facile d’être « accepté ».
Ils sont très hospitaliers ; il nous est arrivé plusieurs fois d’être invité par des locaux à partager un café tout simplement parce que nous passions à côté d’un
« Mv ajlis » (salon que beaucoup de locaux ont à l’extérieur de leur villa pour recevoir leurs amis), et, qu’un peu curieux, nous regardions…
Ils aiment également faire découvrir leur culture. Lors d’une visite à un festival de chameaux, un Emirati à qui nous avions demandé notre route, nous a pris dans son 4×4 pendant plusieurs heures pour nous montrer et nous expliquer ce qu’il se passait…

« Au niveau architecture, tout est possible. Pour créer une nouvelle Marina, ils n’ont pas hésité à surélever l’artère principale ‘‘Sheikh Zayed Road’’, autoroute à 7 voies dans chaque sens de circulation »

Pourriez-vous nous parler un peu plus de votre cadre de vie et de la vie en général dans ce pays ?
Bien entendu il n’y a pas de forêts ici… La nature est probablement ce qui manque le plus. Le climat est aussi très différent, nous n’avons pas à Dubaï les 4 saisons… nous avons un été très chaud (45 degrés ou plus la journée, 37 la nuit) qui dure d’avril à fin octobre environ et qui empêche toute forme d’activité en extérieur. C’est pour cela que tout, absolument tout, est en intérieur avec la climatisation (parcs d’attraction, la fameuse piste de ski, les aires de jeux pour enfants,…) et que toutes les piscines sont refroidies. L’été est suivi de la saison que tout le monde attend car elle permet les balades dans les parcs, les pique-niques, les sorties en quad, les campings dans le désert et les balades en ville.
Au niveau architecture, tout est possible ! En plus des projets que j’ai déjà mentionné et qui sont connus mondialement, Dubaï vient tout juste d’inaugurer « Dubaï canal » avec un coût de 600 millions d’euros ; ils ont « tout simplement » fait rentrer la mer a l’intérieur des terres pour créer une nouvelle Marina, ce qui a nécessité entre autre de surélever l’artère principale « Sheikh Zayed Road », autoroute à 7 voies dans chaque sens de circulation.
Concernant notre cadre de vie, disons pour faire simple que je ne pense pas que nous aurions pu avoir le même niveau de vie si nous étions restés en France.

Qasr Al Sarab Hotel
Qasr Al Sarab Hotel
Randonnée en quad
Randonnée en quad
Vue époustouflante depuis la Burj Khalifa Tower
Vue époustouflante
depuis la Burj Khalifa Tower

Il y a tout de même quelques bémols ?
Bien sûr, il n’y a pas que des choses positives à Dubaï, c’est sûr ; les loyers sont très chers, il y a pas mal d’inégalités sociales entre les différentes nationalités mais il faut se rappeler que les Emirats Arabes Unis sont un pays très récent ; Il a été formé en 1971… donc il manque pas mal de lois, comme la loi sur la faillite (faire un chèque en bois ici vous emmène directement à la case prison puis retour dans votre pays d’origine). Ce n’est pas une démocratie, mais on se demande ce qui fonctionne le mieux quand on voit le reste du monde.
Une chose à prendre en compte avant l’expatriation, c’est qu’il n’y a pas de cotisations sociales ici, donc pas de plan retraite ; C’est à chaque personne de prévoir. Seuls les locaux ont la couverture sociale, la retraite gratuitement,…
Pour nous, notre employeur fournit l’assurance maladie, c’est une obligation pour lui, mais disons que très souvent ce n’est pas suffisant et qu’il faut souscrire une assurance supplémentaire privée.
Bon, à côté de cela, il n’y a pas d’impôts sur le revenu et pratiquement pas de taxes ;
Cette situation change petit à petit, prix du baril de pétrole et ambitions grandissantes obligent (la TVA va être introduite en 2018 par exemple, avec un taux d’environ 5%). La scolarité est également assez chère… même à l’école Française, les frais annuels pour un enfant de 4 ans (c’est le cas de notre fille) coûtent environ 7 000 euros, et c’est une des moins chères de Dubaï.

Finissons maintenant avec d’autres touches positives…
Nous apprécions le fait que Dubaï soit très bien placé sur la mappemonde, ce qui nous permet de faire de très beaux voyages vers l’Asie assez facilement (Sri Lanka, Indonésie, Malaisie, Népal, Thaïlande…) et vers d’autres pays du Moyen-Orient (Egypte, Jordanie, Oman, Turquie, Iran…).
Une chose que j’aime beaucoup à propos des émirats est que le gouvernement prend soin de ses citoyens ; la population locale est asses petite (1.4 million sur les 9 millions d’habitants…) et donc ils font tout pour aider les locaux… les expatries résidents ont accès a beaucoup de bonnes choses mais ne seront jamais considérés comme des citoyens à part entière. Cela peut choquer, surtout quand on compare à la France, et je peux comprendre pourquoi, mais cela me convient tout à fait ; le jour où ça ne sera plus le cas, j’irai ailleurs tout simplement. Une autre chose que j’apprécie est la sécurité… cela peut paraître exagéré mais il n’est pas rare de voir les gens laisser leur voiture en route alors qu’ils font quelques courses. Tout le monde laisse son téléphone, portefeuille ou sac à main sur la table sans se soucier de ce qui pourrait arriver. Il y a des vols et des crimes, mais ici si vous sortez du droit chemin, c’est amende, prison et déportation avec impossibilité de revenir dans le pays. Bien entendu tout dépend de la gravité de l’acte… Si vous êtes dans le pays pour « faire du mal » et ne pas contribuer au développement économique, disons que vous n’êtes pas le bienvenu. Il suffit de se renseigner sur les lois, les us et coutumes du pays quand on arrive… Pour résumer, Dubaï n’est pas parfait à 100% mais on s’en rapproche… tout dépend de ce que vous êtes venu y chercher…

Burj Khalifa, la plus grande tour du monde, haute de 828 mètres
Burj Khalifa, la plus grande tour du monde, haute de 828 mètres

extraitMM7

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *