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Rencontre avec Antoine de Maximy, de l’émission « J’irai dormir chez vous »

Une caméra constamment fixée sur lui, une sur son épaule pour filmer son interlocuteur, et une dernière à la main, voici comment voyage Antoine de Maximy. « J’irai dormir chez vous », son émission, d’abord diffusée sur les chaînes Voyage, Canal+, et maintenant France 5, nous entraîne aux quatre coins monde. Le concept est simple mais efficace : Antoine, entre spontanéité et bonne humeur, part à la rencontre des locaux et se fait inviter à manger ou à dormir chez eux. De là en découlent des rencontres humaines, touchantes, drôles, dangereuses…

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Bonjour Antoine, et tout d’abord merci de nous accorder un peu de temps pour que l’on se rencontre.
Avant chaque émission, comment et avec qui décidez vous de la destination ?

Bonjour, en général, cela se passe deux semaines avant le départ, et c’est uniquement moi qui décide, en fonction des pays où je suis déjà allé, et ceux que j’ai envie de découvrir. Il n’y a pas de logique commerciale là-dessous, tous les pays peuvent donner de bons résultats, il y a partout des gens intéressants à rencontrer.

En général, combien de temps restez-vous en immersion dans un pays et comment est prévu votre itinéraire ?
Je reste toujours quinze jours là-bas, ce qui est largement suffisant pour s’immerger dans la population. Il n’y a pas de parcours particulier, prévu, celui-ci se fait au gré des rencontres et des événements. Les seules fois où il faut un peu plus prévoir, c’est lorsqu’on compte bouger dans le pays, et il faut donc réserver des billets d’avion en avance…

Avec quel matériel vous déplacez-vous ?
J’ai un peu plus de 20 kilos sur moi à chaque fois, un sac à roulettes, un sac à dos, et mes 3 fidèles caméras.
Il faut vraiment éviter tout ce qui est superflu, absolument tout dans mon sac m’est utile. J’ai une liste de 4 ou 5 pages depuis 10 ans, je prends toujours les mêmes choses, en affinant bien sûr au fil des années et en fonction du climat.

Justement, vous êtes là-bas pour rencontrer des gens, mais ces trois caméras ne faussent-elles pas la rencontre ?
Bien entendu, les gens les regardent au début, mais cela permet surtout de faire un premier tri. Les gens dérangés par la caméra vont s’éloigner, alors que les autres vont venir vers moi. Ils voient tout mon matériel sans savoir exactement ce qu’il se passe.

Est-ce que vous leur dîtes de suite qu’il s’agit d’un reportage pour la télévision française ?
Non, pas de suite. J’essaye de le dire le plus tard possible, justement pour ne pas fausser cette rencontre, pour faire en sorte que tout ça soit le plus intéressant possible, et que tout se déroule naturellement…

Certaines personnes aiment voyager dans les grands hôtels en privilégiant le confort, d’autres préfèrent d’avantage participer à la vie locale, c’est votre vision du voyage ?
Oui, j’ai toujours été comme ça, mais maintenant je fais ça car il s’agit de mon métier, de mes documentaires, je pars découvrir les gens en étant le plus naturel et le plus spontané possible. Et forcément, comme ce serait le cas pour un voyage classique, être seul oblige à se tourner vers l’autre.

« Je ne cherche pas à montrer des généralités sur un pays, mais plutôt à rencontrer des personnes différentes, atypiques, intéressantes »

Par rapport aux autres reportages de voyage, quel est le but du vôtre ?
Au-délà du pays, je trouve que c’est le rapport humain qui est intéressant. Je ne cherche pas à montrer des généralités sur un pays, mais plutôt à rencontrer des personnes différentes, atypiques, intéressantes. Il est d’ailleurs déjà arrivé que l’on me contacte en me disant que je n’avais pas montré tel ou tel aspect du pays, et je réponds à chaque fois que ce n’est pas mon objectif. Ce que j’aime vraiment, c’est passer un bon moment avec une personne spéciale, différente des autres, qui a des choses à raconter.

Partant de cette réponse, on constate que c’est l’humain qui est privilégié, pas la destination…
Tout à fait, après avoir parcouru des dizaines de pays, je ne souhaite pas faire de généralités, cela dépend des rencontres que j’ai pu y faire. J’aime quand un pays est différent du précédent, j’aime le contraste.

Tout de même, il y a bien des pays où il est plus ou moins facile d’aller à la rencontre des gens ?
Oui, même si ce n’est pas tout le temps vrai, il faut avouer que les gens dans les pays plus pauvres vous ouvrent plus facilement leur porte, pour la simple et bonne raison qu’ils ont moins à y perdre… Après, culturellement, il y a bien sûr des pays plus compliqués, comme les Emirats, où, pendant mon reportage, j’ai seulement pu accéder à la pièce où on reçoit les gens, sans rencontrer la famille entière…

Une rencontre touchante encore en mémoire ?
Dans un de mes derniers reportages, au Malawi, je suis allé, dans la rue, à la rencontre d’une dame qui marchait à quatre pattes.
Elle avait attrapé la polio à 7 ans, et cela faisait donc cinquante ans qu’elle devait se déplacer comme ça. Elle m’a invité chez elle. Lors de la diffusion du reportage en France, cette rencontre a eu un tel impact que beaucoup de gens ont envoyé de l’argent pour cette dame. C’est ensuite avec plaisir que je suis retourné là-bas pour
lui apporter.

Vous restez toujours en contacts avec les personnes rencontrées ?
Non, c’est assez rare. Vous savez, c’est comme un amour de vacances, nous avons passé de bons moments ensemble, mais après c’est « loin des yeux, loin du cœur ». En revanche, nous leur envoyons toujours le DVD, certains répondent, d’autres pas.

*La rédaction de MayMag tient également à remercier Claudia M., qui a fait en sorte que cette rencontre se fasse

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