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L’Île de Pâques, voyage en famille au bout du monde

Récit de voyage par Prisca – www.pymautourdumonde.fr

Il est de ces destinations pleines de mystères, que l’on voit à la télé ou que l’on découvre à travers nos lectures… Située au bout du monde, l’Île de Pâques fait partie de ces confettis perdus dans l’Océan Pacifique qui nous faisait rêver, juste d’en parler. Nous ne pouvions pas « passer à côté » lors de notre tour du monde et notre traversée de l’Océan Pacifique. Nous sommes donc partis à la découverte de cette île perdue au milieu de nulle part et à la rencontre de ses résidents les plus célèbres et les plus mystérieux : les moaïs.

Rejoindre l’Île de Pâques est déjà un voyage dans le voyage. Située à plus de 5 heures de vol de Santiago du Chili et de Papeete (vous ne pourrez pas venir d’ailleurs), nous nous sommes demandés comment des hommes avaient pu croiser cette terre lors de leurs longs périples maritimes. Après le vol au-dessus de l’eau, l’approche de l’île et son survol font monter la curiosité et l’excitation : accueil par le volcan Ranu Kao, voisin de la seule piste d’atterrissage décollage de l’aéroport, aperçu de quelques moaïs… A notre grand étonnement, nous sommes accueillis par notre hôte dans un style plus polynésien que chilien (le Chili étant le pays auquel l’île est rattachée) :
colliers, couronnes de fleurs, pendentifs en forme de moaïs… En rejoignant notre chambre d’hôte, nous parcourons Hanga Roa, la seule petite ville de l’île, rassemblant petits commerces et administrations. L’avantage : pouvoir tout faire à pied, de la découverte des quelques moaïs disséminés dans la ville à l’accès à l’aéroport, en passant par la dégustation d’empanadas (on vous conseille la première petite cabane près du stade) ou d’un thon mi-cuit à tomber par terre avec vue sur l’océan.

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La découverte de l’île au rythme du soleil

L’île de Pâques offre l’avantage de pouvoir être parcourue en une journée, juste pour un aperçu, parce qu’elle mérite plusieurs jours de visite pour profiter de chaque lieu et s’imprégner de l’ambiance. Rien de mieux que de vivre au rythme du soleil pour découvrir l’île. Pour débuter une journée par un « whaouh », rendez-vous à Ahu Tongariki afin d’admirer le soleil se lever à travers les 15 moaïs. Il faut arriver suffisamment tôt pour se garer (sur le bord de route) et trouver le meilleur angle pour assister à l’aurore. Et avec un peu de chance, les chevaux de Rapa Nui (nom pasquien pour l’Île de Pâques) vous accompagneront !
Encore faut-il arriver au bon moment… Avec un barrage sur la route, nous aurons fait demi-tour pour admirer le début du lever depuis une pointe de l’île, avant de finalement retenter le passage du barrage (et réussir) pour assister à la deuxième moitié du spectacle. De l’autre côté de la route, le site de Rano Raraku, que nous avons défini comme « l’usine à moaïs », nous invite à déambuler parmi ces statuts échouées, abandonnées à flan de volcan. Nous nous sentons bien petits face à tous ces personnages mystérieux et cette nature étonnante faite de lacs au cœur de volcans éteints et de grandes étendues où seuls quelques arbres poussent ! Au détour d’un chemin, vous croiserez peut-être des locaux qui vous raconteront l’histoire de leur famille ou des enfants qui se baignent dans le lac, malgré les interdictions… destinées aux touristes ? La suite de la découverte de l’île est au choix : au nord pour profiter de la plage d’Anakena ou au sud pour randonner sur le volcan Ranu Kao, celui-là même qui nous accueille à l’aéroport. La plage d’Anakena et sa voisine d’Ovahe donnent cette impression d’être en Polynésie : palmiers, sable blanc, eau turquoise… Sur la plage, vous vous sentirez en sécurité, surveillés par quelques moaïs, à défaut de maîtres-nageurs. Ce sont les coins « détente » de l’île, loin de la ville. Au détour des routes de l’île, vous pourrez aussi découvrir un caillou magnétique qui amuse les enfants en détraquant le magnétisme d’une boussole ou des pétroglyphes contant les histoires des tribus et de l’île.

Ahu Tongariki
Ahu Tongariki
Rapa Nui
Rapa Nui

Hanga Roa et ses environs : culture et nature à portée de « pieds »

L’avantage d’être un petit bourg est que tout (ou presque) est à portée de « pieds » : commerces, restaurants, administrations, aéroport… Mais aussi piscines naturelles, moaïs, musée et points de vue. Déambuler dans les rues d’Hanga Roa invite à prendre son temps : flâner devant les étales des quelques marchands de fruits et légumes, faire la sieste aux abords des piscines naturelles où régulièrement des tortues viennent s’égarer, déguster des empanadas dans de petits restaurants qui ne paient de mine extérieurement (petite cabanes) ou du thon fraîchement pêché aux alentours de l’île et juste préparé, en admirant l’océan et le coucher de soleil, selon que ce soit pour le déjeuner ou le dîner, découvrir un rythme de vie insulaire… Au nord de la ville, un chemin permet de s’imprégner de la culture et de la nature de l’île lors d’une randonnée côtière. Le premier site traversé est celui d’Ahu Tahai, lieu idéal pour assister à des couchers de soleil, parmi les plus extraordinaires que nous avons pu admirer lors de notre tour du monde et des nombreux voyages réalisés. Nous pourrions presque dire « The place to be » de l’île où se croisent touristes et locaux. Un peu plus loin, le musée anthropologique permet de découvrir l’histoire de l’île et les mystères (et théories parfois très farfelues) qui entourent les moaïs. En poursuivant la visite, on s’imprègne de cette ambiance particulière qui règne sur l’île, de plages et grottes (quand leurs entrées ne se sont pas éboulées suite aux tempêtes) cachées en contre-bas du chemin (Ana Kakenga, Te Peu…). Nous aurons été d’autant plus sensibles à cette ambiance que la balade d’1 heure (dixit notre hôte) se transformera en randonnée de 4 heures, sous un soleil de plomb, avec très peu d’eau et de réserves dans nos sacs. Erreur d’aventuriers pourtant pas débutants !
Mais ce (long) moment désagréable nous a permis de croiser le chemin de natifs, et de comprendre les raisons de la grève qui se tenait sur l’île, le tout autour d’un verre de jus de fruits frais et de quelques brioches. Au sud de la ville, profitez d’un panorama impressionnant au sommet du volcan Ranu Kao. La vue est dégagée sur les trois sommets de l’île (trois volcans sous-marins) qui, il y a plusieurs millions d’années, se sont rapprochés pour créer l’Île de Pâques. C’est ici aussi, au cœur du village de Orongo, situé au sommet du volcan, que se déroulait l’épreuve de la légende de l’homme oiseau. Au printemps, les hommes de l’île se rassemblaient au village, descendaient la falaise d’un apic vertigineux de 180 mètres, nageaient jusqu’aux motus (îlots) voisins, récupéraient un œuf et devaient le remonter intact au village. Le vainqueur était désigné vice-roi de l’île et vivait un an, seul et isolé au village. Quand on connait la légende et que l’on visite les lieux, on comprend de suite pourquoi le vainqueur (quand il y en avait un) était vénéré comme un Dieu ! La descente vers le village se fait à notre époque en voiture ou à pieds !

Piscine naturelle d’Hanga Roa
Piscine naturelle d’Hanga Roa

Un équilibre fragile

Lors de notre présence sur l’île, nous avons été confrontés à une grève pacifiste, opposant les habitants de l’île au gouvernement chilien. Normalement, les touristes doivent acquitter d’une taxe à la descente de l’avion, permettant d’entretenir le Parc National et de conserver les espaces présentant des vestiges (moaïs, ruines, pétroglyphes…).
Seul hic : les fonds récoltés entrent dans les caisses de l’état sans forcément revenir en totalité sur l’île. Pour manifester de la manière la plus paisible, les locaux ont décidé de ne plus faire payer la taxe d’entrée, histoire de faire réagir les administratifs les plus éloignés ! Les habitants de l’île sont extrêmement attachés à leurs racines, à leur histoire et sont toujours heureux de raconter leur vie, leur départ de l’île vers le Chili ou la Polynésie, pour un meilleur retour sur la terre de leurs ancêtres (parfois exilés de force vers les mines chiliennes). Un conseil, ne vous aventurez pas trop près des moaïs : les habitants veillent sur eux, comme les moaÏs veillent sur l’île (certains touristes chinois sans-gêne en ont fait la douloureuse expérience).

Le volcan Ranu Kao, voisin de la seule piste d’atterrissage décollage de l’aéroport
Le volcan Ranu Kao,
voisin de la seule piste d’atterrissage décollage de l’aéroport

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