Sihanoukville

Le Cambodge, perle cachée de l’Asie du sud

Par Léa Bardet – Facebook : lea.bardet.photographe
www.lea-bardet.com

Photographe de 29 ans, je suis passionnée par les voyages, la nature, les découvertes, l’échange et les rapports humains. Parcourir le monde est pour moi une véritable raison de vivre, afin de découvrir mille merveilles pour en témoigner à travers mon travail. Pour ce récit, direction le Cambodge par la frontière terrestre Thaïlandaise de Trat. Le passage de la frontière par la route n’est pas de tout repos. D’abord beaucoup de voyageurs, et bien trop de bakchich. Le prix d’un visa obtenu en frontière terrestre peut s’avérer être plus cher qu’à l’aéroport de Phnom Penh. Pour ceux qui opteront pour le passage terrestre, juste un conseil : restez calme et patient. Une fois passé au Cambodge, j’ai pris un bus pour Koh Kong, puis un second pour Sihanoukville.

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Sihanoukville (en l’honneur de Norodom Sihanouk, ancien roi du Cambodge) est le premier port du Cambodge, mais aussi l’une des seules véritables stations balnéaires. Cette ville connaît une explosion touristique, et beaucoup d’expatriés s’y sont installés. J’y ai écumé le quartier de Victory Hill, pour ses bars et restaurants branchés (souvent tenus par des Français). C’est aussi dans ce quartier que se trouve la route qui mène au Wat Krom, la plus importante pagode de la ville.
C’est dans le quartier d’Otres Beach que j’ai passé le plus de temps à bourlinguer : j’ai aimé son atmosphère paisible, plus populaire où les guesthouses sont à bas prix. La côte y est splendide et l’ambiance des plages invite au farniente.
J’ai ensuite poursuivi ma route vers l’un des endroits incontournables du pays : la région de Kampot, réputée pour produire l’un des meilleurs poivres au monde.
Malgré l’affluence importante de touristes, Kampot reste une ville tranquille avec une population accueillante. Cette ancienne cité coloniale française est une destination agréable pour quelques jours. J’ai pu y visiter les plantations de poivre, les cascades de Popkvil, plusieurs grottes ainsi que la montagne Bokor.

Direction la capitale : Phnom Penh

Un million cinq cent mille habitants, son bruit, sa pollution… mais aussi son vieux marché (Psaar Chah), son Palais royal et ses pagodes qui valent qu’on s’y attarde quelques jours.
La visite la plus instructive mais également la plus éprouvante que j’ai pu faire à Phnom Penh est l’incontournable Musée du génocide de Tuol Sleng.
En visitant ce lieu, je réalise les atrocités qu’a subies ce peuple il y a à peine 30 ans, sous la dictature des Khmers rouges, qui, en 3 ans, ont décimé plus de 20% de la population et condamné le reste à vivre traumatisé dans une société handicapée pour plusieurs générations à venir.
Visiter ce musée m’a permis de mieux comprendre la dualité de la société cambodgienne, à la fois accueillante et méfiante envers l’étranger.

En route pour les temples d’Angkor et les villages flottants

Ensuite, partons pour Siem Reap en bus couchette. Près du lac Tonlé Sap, la petite ville de Siem Reap sert de porte d’accès et de lieu de séjour aux visiteurs d’Angkor. Elle constitue un havre de paix comparée à Phnom Penh, sans pour autant être une bourgade endormie.
Inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco, les ruines d’Angkor s’étendent sur des centaines de kilomètres et sont les vestiges de l’Empire Khmer qui prospéra du IVe au XVe siècle, tout est époustouflant de grandeur et de beauté. Attention quand même, sortir des sentiers battus s’avère dangereux, le pays est encore truffé de mines.
Les 3 temples Angkoriens qui m’ont le plus émerveillé sont :
« Angkor Vat », le plus grand, le plus connu et visité, mais aussi le mieux conservé.
Le temple central de la ville, Le « Bayon », pour son atmosphère ; Ce temple aux deux cents visages est presque intimidant.
Et enfin le Ta Phrom, qui était autrefois un monastère, où a eu lieu notamment le tournage du film Tomb Raider.
Visiter les temples d’Angkor était pour moi un rêve, j’avais tellement fantasmé sur ce moment, sur ces vestiges, que j’avais peur d’être finalement un peu déçue une fois sur place. J’avais tort, et je n’ai qu’un mot à dire, Angkor m’a littéralement subjugué !

Angkor, Temple de Bayon
Angkor, Temple de Bayon
Siem Reap, temple de Ta Phrom
Siem Reap, temple de Ta Phrom
Temple Angkor Vat
Temple Angkor Vat

Près de Siam Reap sur le lac Tonlé Sap, j’ai également visité des villages flottants.
Le lac du Tonlé Sap est situé à une dizaine de kilomètres de la ville de Siem Reap, son nom en Khmer signifie
« grande rivière d’eau douce ». Il est le plus grand lac d’eau douce du sud-est asiatique. Unique au monde en raison de son système hydraulique, il se vide et se remplit au gré des moussons. Ses eaux très poissonneuses, nourrissent des milliers de pêcheurs.
La visite des villages du lac est devenue la deuxième attraction touristique après Angkor dans la région de Siam Reap. Malgré ça, le dépaysement y est total.
Ces villages flottants sont à visiter absolument, ils permettent de mieux comprendre le quotidien de ces communautés et de constater leur grande ingéniosité pour adapter leur habitat à leur environnement.

Village Flottant
Village Flottant
Village Flottant
Village Flottant

Richesse culinaire

Au Cambodge la nourriture sera également un total dépaysement. Si les estomacs les plus fragiles pourront être rebutés à l’idée de manger certains mets, les plus curieux se feront un plaisir de tenter l’expérience.
L’amok est le plat national cambodgien par excellence !
On peut le trouver sous différentes versions : au poulet, au poisson, etc… et sous différentes présentations :
en aumônière de feuille de banane, dans une noix de coco, ou en barquette.
Pour ma part j’ai vite arrêté de manger de la viande ! Vous ne savez jamais ce que l’on vous sert. J’ai vu sur les marchés de Phnom Penh des étals servant des brochettes de rats. La richesse culinaire du pays m’a permis de me régaler même à la mode végétarienne.
C’est donc à Siam Reap que s’est achevé mon voyage d’un mois au Cambodge. Même s’il y règne un climat d’après-guerre, on y ressent une énergie incroyable. Sa population est très jeune. Les Cambodgiens sont curieux et très ouverts, c’est donc facile d’aller à leur rencontre. La vie y est bien moins chère que dans les pays voisins et les locaux parlent très bien anglais. La gentillesse et la force des Cambodgiens vous touchent en plein cœur.
Mais le Cambodge, c’est aussi une diversité de paysages à couper le souffle, une végétation exotique, des plages paradisiaques qui n’ont rien à envier aux plages thaïlandaises bien plus touristiques, des sites archéologiques inscrits au patrimoine mondial…
Pour moi, c’est la perle cachée de l’Asie du sud. Ce pays mérite vraiment qu’on s’y attarde, c’est pour moi une destination coup de cœur.

Extrait de MayMag N°6

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