Moment de partage incroyable avec les enfants du village de Port-Olry

Direction le Vanuatu, raconté par Greg et Amandine

Situé en plein cœur de l’océan Pacifique, l’archipel du Vanuatu comporte 83 îles et autant de dialectes différents. Nous avons arpenté l’île de Tanna, de Malekula et celle d’Espiritu Santo, communément appelée Santo, la plus grande de l’archipel, qui nous a littéralement séduite par les nombreuses richesses culturelles et naturelles qu’elle renferme. Si vous avez une âme d’aventurier, c’est une étape incontournable au Vanuatu pour admirer de superbes trous bleus, des plages de sable blanc à couper le souffle, découvrir une grotte sacrée perdue au fond de la jungle, visiter des villages reculés, ou encore plonger dans les abysses de la plus grande épave accessible du mondedatant de la Seconde Guerre mondiale.

Nous atterrissons en fin de journée à Luganville, la deuxième ville du Vanuatu, après la capitale Port-Vila. La population est accueillante, chaleureuse et incroyablement souriante. Cela ne fait aucun doute, le Vanuatu n’a pas volé sa place dans le classement des pays les plus heureux du monde. Enchantés par ces premiers instants vécus sur l’île, nous n’avons qu’une seule envie : en découvrir encore davantage.

Cinquante nuances de bleu sur la côte Est de Santo

Le lendemain, nous embarquons dans un taxi pour longer la côte Est de l’île en direction du Nord. Cet endroit nous a été décrit comme étant un décor paradisiaque aux cinquante nuances de bleu, il ne fallait pas nous en dire plus pour aiguiser notre curiosité. Laurent, notre chauffeur Ni-Van, parle le bichelamar, la langue nationale au Vanuatu, mais maîtrise également deux langues de colonisation : l’Anglais et le Français. C’est donc avec plaisir qu’il nous conte l’histoire de son pays dans notre langue maternelle.

Plus les kilomètres défilent et plus nous sommes émerveillés par tout ce que nous voyons. Les paysages sont somptueux et sauvages, c’est totalement dépaysant. En chemin, Laurent fait une halte au trou bleu de Riri, son préféré. C’est une piscine naturelle, il y en a plusieurs au Vanuatu, mais celle-ci à une couleur bleu translucide totalement surréelle. Les locaux ont par ailleurs accroché des cordes aux arbres permettant de sauter dans l’eau comme Tarzan. Moments de fous rires inoubliables. Durant notre séjour, nous avons également expérimenté un autre trou bleu, celui de Mateluvu. Il nous a valu quelques sueurs puisque nous avions choisi d’y accéder en remontant une rivière limpide en kayak avant de nous baigner dans son eau naturelle teintée de vert émeraude.

Nous poursuivons notre route à bord du taxi de Laurent jusqu’à la plage de Lonnoc et devant un tel paysage, nous commençons à manquer de superlatif pour décrire tout ce que nous voyons. En tout cas, cela résume bien cette première journée qui a été riche en émotions, en aventures et en émerveillements, mais la suite nous réserve encore de belles surprises. Nous venons d’arriver au village de Port-Olry.

L’eau du trou bleu de Riri est d’une pureté incroyable et d’une couleur bleu translucide totalement surréelle
L’eau du trou bleu de Riri est d’une pureté incroyable et d’une couleur bleu translucide totalement surréelle
Sable blanc, palmiers et eau turquoise, la plage de Lonnoc est une véritable carte postale.
Sable blanc, palmiers et eau turquoise,
la plage de Lonnoc est une véritable carte postale.

Dans le village de Port-Olry, de battre notre cœur s’est arrêté

Nous avons eu un véritable coup de foudre pour ce village de 4 000 âmes qui nous a émerveillé par sa beauté, son authenticité et sa simplicité. Ici, pas de route bétonnée, mais de simples chemins de terre. Les habitations sont rudimentaires, construites en bois, leurs toits sont faits de tôles ou de feuilles de palmiers. Malgré tout, un sentiment de bien-être et de légèreté règne au sein du village. Les habitants respirent la joie de vivre malgré leurs conditions de vie sommaires. C’est une vraie leçon de vie.

Tout commence chez notre adorable hôte Tarcisius qui nous reçoit comme des rois dans l’une de ses cabanes en bois situées sur la plage, au bord de la mer. Ici encore, pas d’hôtel aux nombreuses étoiles, et pourtant le lieu est plein de charme, et surtout tout confort. Tout y est bricolé avec soin, de la douche extérieure avec son pommeau en noix de coco, jusqu’à la terrasse meublée de mobilier fait-maison. C’est en quelque sorte la parfaite cabane de Robinson Crusoé.

Tarcisius nous offre gentiment des bonbons à la noix de coco qu’il a confectionnés lui-même dans son four traditionnel. Les meilleurs du monde, un vrai délice. Il souhaite aussi nous faire participer à la cérémonie du kava. La dégustation de cette boisson préparée à l’aide d’une plante joue un rôle fondamental dans la vie religieuse, politique et culturelle de l’ensemble du Pacifique. Servi traditionnellement dans un nakamal, le kava possède des propriétés anesthésiantes, stimulantes et euphorisantes. Tout un programme ! À chaque gorgée nos lèvres s’engourdissent, l’expérience est surprenante.

C’est la fin d’après-midi, nous nous promenons dans le village où nous avons l’impression que le temps est suspendu. Plusieurs grand-mères se sont rassemblées, assises sur des bancs fabriqués de bric et de broc, pour discuter. Toutes nous saluent et en profitent pour nous glisser un mot. Les enfants, quant à eux, viennent de sortir de l’école et jouent dehors, pieds nus, au milieu des cochons, des poules et des chiens. Pour eux, nous avions pensé à prendre quelques paquets de bonbons dans nos sacs à dos. Autant dire que nous avions totalement oublié le pouvoir des sucreries sur les enfants ! Le plus téméraire se rapproche timidement de nous par curiosité. Très rapidement, une bonne quinzaine d’enfants surexcités nous encerclent pour avoir eux aussi des friandises. Nous sommes transportés par ce moment d’échange et à cet instant nous n’avons qu’une seule idée en tête : rester vivre à Port-Olry !
Malheureusement, le lendemain, nous devons reprendre la route pour retourner à Luganville. Pour rejoindre la ville à moindre frais, il vaut mieux se lever tôt car plusieurs habitants du village descendent sur Luganville et font également office de taxi.
Nous sommes donc montés dans la benne d’un pick-up et, les cheveux au vent, nous avons admiré le paysage assis à coté des locaux.

Dès la sortie de l’école, les enfants de Port-Olry s’amusent dans la rue avec trois fois rien
Dès la sortie de l’école, les enfants de Port-Olry s’amusent dans la rue avec trois fois rien
À Port-Olry, les habitations sont rudimentaires, construites en bois, leurs toits sont faits de tôles ou de feuilles de palmiers
À Port-Olry, les habitations sont rudimentaires, construites en bois, leurs toits sont faits de tôles ou de feuilles de palmiers
Bercés par le bruit des vagues, rien de telle qu’une sieste à l’ombre d’un faré sur la plage de Port-Olry
Bercés par le bruit des vagues, rien de telle qu’une sieste
à l’ombre d’un faré
sur la plage de Port-Olry

Une plongée dans les abysses de l’imposant SS President Coolidge

Tous deux diplômés d’un niveau de plongée sous-marine, nous avons fait quelques belles sorties exploratoires, mais s’il y a un endroit dont nous avons beaucoup entendu parler, c’est de la fameuse épave du SS President Coolidge, la plus grande accessible au monde. Voulant profiter au maximum de cette expérience, nous optons pour deux plongées : une effectuée de jour et l’autre de nuit.

Par chance, nous ne sommes que deux à plonger ce jour-là, ce qui rend la sortie encore plus privilégiée puisque Matthew sera notre moniteur personnel. Nous positionnons notre masque et notre détendeur et nous commençons à descendre progressivement vers l’épave. L’eau est trouble, c’est assez impressionnant. Soudain, une énorme masse se dessine. Lentement apparaissent les contours de cette épave, posée sur le fond, comme endormie et figée dans le temps.

Matthew, nous conduit vers ce qu’il reste des salles de bain des cabines, nous montre des obus empilés et nous permet même de pénétrer dans l’une des cales sombres, renfermant jeeps, tanks et autre matériel militaire. En remontant à la surface, nous apercevons un poisson pierre caché au milieu des coraux poussant sur l’épave. Nous sommes conquis.

L’avantage de combiner au minimum deux plongées, c’est qu’entre chaque, il est possible de faire une pause à Million Dollars Point, un site qui vaut largement le détour. Pour la petite histoire, il doit son nom aux américains qui, après la Seconde Guerre mondiale, ont préféré couler tout leur équipement sous l’eau, plutôt que de le donner au Vanuatu, qui a par ailleurs refusé de leur racheter pour un million de dollars. Sous l’eau, se trouve encore aujourd’hui un véritable cimetière de ferraille.

Il commence à faire nuit, nous sommes de retour au-dessus de l’épave pour notre seconde plongée. Ce qui vient ensuite est sans aucun doute l’une des expériences qui nous a produit le plus d’adrénaline, à ne louper sous aucun prétexte. Dans le noir absolu, nous n’avons plus aucun repère. Heureusement, Matthew nous attrape par la main pour nous guider vers un lieu étroit : il s’agit de l’une des cales du bateau. Soudain, apparait devant nos yeux un spectacle fascinant : un ballet de poissons flashs. Ils s’agitent devant nous à la vitesse de l’éclair, tels des faisceaux lumineux. S’ensuit une balade inoubliable dans les méandres du bateau. Nous allumons nos lampes torches, et un tout autre monde s’offre à nous. Déjà émerveillés par notre rencontre avec les poissons flashs, nous avons la chance d’observer une lime électrique, un poisson pierre, une énorme murène, et surtout un poisson ballon, qui s’est prêté au jeu le temps d’une passe entre nous trois.

Il faut savoir que ce qui rend cette épave mythique, c’est aussi sa fameuse statue de porcelaine « The Lady ». Située au-dessus de la cheminée au fond de la salle de bal, cette œuvre représente une femme assise sur une licorne. Réussir à la voir, c’est un peu le Saint Graal de tout plongeur ! Nous n’avons pas eu cette chance, car elle est tout de même située à 60 mètres de profondeur.

Masques à gaz, armes ou chaussures d’officiers évoquent les souvenirs d’une époque sur le SS President Coolidge
Masques à gaz, armes ou chaussures d’officiers évoquent les souvenirs d’une époque sur le SS President Coolidge

Millenium Cave, de l’écotourisme à l’état pur

Pour notre dernière journée sur Santo, nous prenons la direction de Millenium Cave avec au programme : canyoning, nage en eau vive, et exploration d’une grotte perdue au fond de la jungle.

Cette grotte est restée longtemps inexplorée car les habitants du village situé à proximité avaient peur des esprits qui pouvaient y résider. Finalement, certains d’entre eux s’y sont aventurés dans les années 90 et l’ouverture du site aux touristes a été officialisée en 2000, d’où son nom de grotte du millénaire.

Nous retrouvons Charly, notre guide, dans le village de Nambel, située à plus d’une heure de marche de l’entrée de la grotte. L’excursion débute dans une forêt tropicale dense et l’exercice est assez sportif, d’autant plus que les pluies récentes ont rendu le sol boueux et très glissant. En chemin, Charly, qui adore partager ses connaissances, nous renseigne sur la végétation qui nous entoure, les plantes comestibles, urticantes, ou encore utilisées en médecine traditionnelle. Un vrai puits de science !
Après avoir enchaîné les escaliers de fortune taillés dans la roche, les échelles en bois et quelques ponts en bambous, nous accédons enfin à l’entrée de la grotte. En silence, nous y pénétrons armés de nos lampes torches. Nous avançons doucement dans une eau glacée. Au milieu de notre progression, Charly nous demande d’éteindre nos lampes torches. Soudain, le noir total nous envahit. La sensation est impressionnante : nous ne distinguons plus que le bruit des oiseaux et celui de la rivière qui s’écoule.
Une demi-heure plus tard, et plusieurs centaines de mètres parcourus, nous atteignons la sortie de la grotte. Les rayons du soleil nous éblouissent et la végétation apparait progressivement. Il est temps pour nous de reprendre quelques forces, avant d’attaquer la partie canyoning de l’excursion. Repus, nous escaladons des rochers à mains nues, en descendons d’autres à l’aide de cordes et avançons progressivement sur des échelles en bambou. L’aventure est excitante mais le clou du spectacle, c’est bel et bien la partie où nous avons dû nager en eau vive dans la rivière. Nous nous sommes laissés porter par le courant, et nous avons traversé des canyons envahis par la végétation tropicale d’un vert éclatant. La nature vierge à l’état pur.

Sans conteste, le Vanuatu regorge de merveilles à découvrir et sa population sait se montrer très accueillante. Nous avons seulement exploré une infime partie des richesses que le pays a à offrir, il en reste tellement, c’est pourquoi nous n’avons qu’une seule envie : y retourner.

Vanuatu6

extraitMM8

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *